Histoire

Voir la carte de l’Anjou en l’an mil.

En 987, le temps des Carolingiens s’achève. Le grand empire de Charlemagne n’existe plus. En Francie occidentale, le dernier souverain carolingien meurt et Hugues Capet devient roi des Francs.

C’est le début d’une nouvelle ère, celle des Capétiens.

Cette même année, Foulques III Nerra devient comte d’Anjou.

Archétype du seigneur féodal, il est orgueilleux, ambitieux, retors parfois – mais toujours il respecte la parole donnée, il craint Dieu et il est fidèle à ses rois. Capable de la plus féroce cruauté comme de la plus grande mansuétude, c’est loin d’être un personnage en demi-teinte.

Grand batailleur et fin stratège, il passera toute sa vie à combattre ses puissants voisins. A l’est d’abord, le comte de Blois qui lui dispute la Touraine. Au nord, les Vikings qui depuis 911 sont installés en Normandie. A l’ouest, les bretons qui prétendent agrandir leur duché sur le Maine. Au sud enfin, le Duc d’Aquitaine qui cherche à reprendre autorité sur des terres jadis conquises par le père du Comte d’Anjou. Fort de ses succès militaires, il agrandit son territoire en englobant la Touraine et le Maine.

Grand bâtisseur, il ceinture les limites de son comté, jusqu’alors dépourvu de frontières naturelles, de citadelles de roc et de bois. Il fait également ériger nombre d’églises et d’abbayes.

Grand voyageur, il effectue trois pèlerinages à Jérusalem en gage de pénitence de ses nombreux péchés.

Quand il meurt en 1040, à plus de 70 ans, il est comte depuis 53 années. Il lègue à sa descendance de solides bases territoriales qui, un siècle plus tard seront le cœur de “l’empire” Plantagenêt.

L’an mil ne correspond pas seulement à une période sombre et troublée, elle marque également le début du « renouveau de l’Occident médiéval”. Cette période foisonne d’idées novatrices, de nouvelles technologies, mais aussi de concepts sociaux et culturels inédits.